Parmi les obligations d’un Maître maçon, le devoir de transmission occupe une place centrale. Transmettre, c’est d’abord ce mouvement qui porte à faire partager aux autres les fruits de ce que l’on a appris en loge, « portez parmi les autres hommes les vertus dont vous avez promis de donner l’exemple » nous dit le Rite Écossais Rectifié. Il s’agit aussi de transmettre voire de léguer les résultats de ses propres recherches et réflexions.
La transmission est ainsi au cœur de la démarche maçonnique. Parmi les vecteurs de transmission, l’on trouve notamment la parole et l’écriture. Mais la transmission, n’est pas la communication d’un « savoir » qui dirait une fois pour toute la vérité immuable et incontestable.
Le but de toute transmission en franc-maçonnerie n’est-il pas de contribuer à l’éveil susceptible de libérer autant la pensée constructive que l’imaginaire créateur ? Notons d’ailleurs que le mot « transmission » est emprunté au latin transmissio qui signifie, dans son étymologie première : « trajet, traversée, passage ».
La transmission, c’est comme le symbole qui n’est ni une devinette ni une énigme policière, ni un problème à résoudre, mais un message proposé, un support de méditation. Le symbole n’est jamais « expliqué » une fois pour toutes, de même qu’une partition de musique n’est jamais définitivement déchiffrée, mais réclame et admet une exécution toujours nouvelle. Un symbole maçonnique ne s’épuise jamais ; il conserve toujours d’autres dévoilements possibles, nouveaux, complémentaires aux premiers.
Les symboles constituent un outil pédagogique puissant et fécond dans la formation et le travail maçonniques, ils accompagnent utilement l’éveil du mental et la quête de sens (du sens de la vie).
Transmettre, ce n’est pas seulement communiquer, mais aussi partager, donner en toute générosité. Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Saint François d’Assise écrivait : « C’est en donnant que vous recevez » et aussi : « Rappelez-vous que lorsque vous quittez cette terre, vous n’emportez rien de ce que vous avez reçu, uniquement ce que vous avez donné. »
