Les rituels maçonniques font dire aux Frères concernés, lorsqu’ils reçoivent leur salaire, « Je suis content ».
Les Apprentis et les Compagnons s’assemblent près de leur colonne respective pour y « recevoir leur salaire » disent les rituels maçonniques. Chaque colonne correspondant à une classe d’ouvriers, on peut penser qu’ils perçoivent un salaire différent.
Le rituel du 3ème grade du Rite Écossais Rectifié (RER) récapitule : « les Apprentis, étaient appelés à la colonne J où il (Hiram) leur donnait leur salaire ; les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être payés selon leur grade. »
Le rituel du 2ème grade du RER nous informe quant à lui que les fûts de ces deux colonnes étaient creuses : « Quelle était leur épaisseur ? Quatre pouces. Pourquoi seulement cette épaisseur ? Parce qu’elles étaient creuses. » Le même rituel du RER précise encore : « Quel était leur usage pendant la construction du temple ? Elles servaient à renfermer les outils de géométrie et les trésors pour payer les ouvriers suivant leur classe ».
Ainsi, les deux colonnes J et B, placées de part et d’autre de la porte d’entrée du Temple, sont creuses l’une et l’autre. Il est fait mention de cela une fois dans la Bible : « Chaque colonne avait neuf mètres de haut, sa circonférence était de six mètres, le bronze avait près de huit centimètres d’épaisseur, la colonne étant creuse à l’intérieur. » (Jérémie 52, 21)
Mais la Bible ne dit jamais que ces deux colonnes du Temple renfermaient des trésors destinés à payer les salaires des ouvriers. Cette idée provient d’anciennes traditions maçonniques qui ont vu dans les colonnes creuses l’expression des classes d’ouvriers recevant leur salaire. C’est dans les Old Charges de la maçonnerie opérative, – ou Anciens Devoirs qui apparaissent à la fin du XIVᵉ siècle (le plus ancien manuscrit étant le manuscrit Regius, daté de vers 1390) ainsi que dans certains manuscrits maçonniques anglais que l’on trouve mention de ce fait avant que cette théorie ne passe dans les rites continentaux.
Il semble que ce soit la tradition rabbinique qui a influencé cette orientation. Certains courants midrashiques affirment en effet que les colonnes creuses contenaient des rouleaux, notamment : les généalogies sacerdotales, les contrats de construction, les mesures du Temple, ou même des fragments de la Torah ou bien encore des trésors.
LE SALAIRE DES OUVRIERS
Avant la clôture de la tenue, le Vénérable Maître dit « Frères Surveillants, vérifiez sur vos colonnes si les ouvriers ont fini leur travail ». Après que les deux Surveillants aient annoncé au Vénérable Maître que « tout est fini » sur leur colonne respective, celui-ci dit, s’adressant alors à toute l’assemblée : « Mes Frères, puisque le travail de ce jour est entièrement achevé, vous recevrez la récompense qui vous est due ». Cette « récompense qui vous est due » est à rapprocher du salaire des ouvriers.
Sans se référer en particulier aux ouvriers du temple, le salaire qui rémunère est au cœur des thèmes de justice, d’honnêteté et d’intégrité, récurrents tout au long des Écritures. Trois principes sont posés : le salaire doit être juste, il doit être versé sans délai, le non‑paiement est une faute grave qui appelle le jugement divin. C’est la base de toute la doctrine juive sur la justice salariale.
Parmi plusieurs extraits bibliques, citons :
« Tu lui donneras le salaire de sa journée avant le coucher du soleil; car il est pauvre, et il lui tarde de le recevoir. Sans cela, il crierait à l’Eternel contre toi, et tu te chargerais d’un péché. » (Deutéronome 24, 15)
« Malheur à celui qui bâtit sa maison avec injustice, et ses chambres sans droiture, qui use de son prochain sans payer, et ne lui donne pas son salaire. » (Jérémie 22, 13)
Les Écritures condamnent sévèrement ceux qui agissent malhonnêtement avec le salaire des employés. Le salaire doit être payé à la fin du jour. Le Talmud dit : « Celui qui retient le salaire de l’ouvrier, c’est comme s’il ôtait la vie. » (Baba Metsia 111a)
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