Dans le vocabulaire maçonnique, le mot « frère » est omniprésent. Entre eux, les francs-maçons s’appellent « Frères » ou « Sœurs », utilisent des formules comme « Mon très cher Frère », « Bien-aimée Sœur »…
Les francs-maçons sont parfois désignés de manière familière : Frères trois-points.
Notons qu’en dehors des loges, et indépendamment des obédiences, certains francs-maçons se réunissent aussi dans des « fraternelles » professionnelles – avocats, parlementaires, policiers, enseignants, médecins…
Dans les textes du rituel du 1er grade du Rite Ecossais Rectifié (RER), on trouve le mot « frère » près de 500 fois, et de temps en temps, dans son Instruction Morale, l’expression particulière « Mon Bien Aimé Frère » : « 1er Surv. Vénérable Maître, le Bien Aimé Frère N……… de la colonne du midi demande la permission de parler. »
Ce mot « Frère », on le retrouve dans les premiers manuscrits de la Maçonnerie opérative connus, les Old Charges (fin XIVe – XVe siècle) qui parlent déjà des « fellows » et « brethren » (compagnons et frères). On lit dans Le Regius (1390) : « Pour être parfait en cet honnête métier ; Et ainsi ils doivent s’instruire l’un l’autre, Et s’aimer comme sœur et frère ».
Les Constitutions d’Anderson de 1723, texte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative moderne, reprennent et systématisent cette terminologie. Par exemple on peut y lire : « On doit se saluer réciproquement d’une manière courtoise, ainsi que cela sera enseigné, en s’appelant l’un l’autre Frère. » ; « … si l’on découvre qu’il est un vrai et authentique Frère, il faut le respecter en conséquence ; et s’il est dans le besoin, on doit le soulager si l’on peut le faire, ou alors lui indiquer comment il peut l’être. »
Notons qu’au au début du XVIIe siècle se manifeste, avec la publication de trois manifestes entre 1614 et 1616, un ordre mystique et philosophique célèbre. Les membres de cette confrérie secrète et mystique d’Allemagne s’appellent « Frères de la Rose Croix ».
« FRÈRE » EST LE TITRE DONNÉ A TOUT NOUVEL INITIÉ
Après avoir prêté son engagement, le candidat qui s’est présenté et qui a demandé à être admis et reçu dans l’Ordre des Francs-maçons au grade d’Apprenti, subit l’épreuve du sang.
A l’issue de cette épreuve, et après que le Vénérable Maître lui a dit « … je vous reçois Franc-Maçon Apprenti », ce dernier s’adresse encore à lui : « Travaillez à mériter un jour l’explication de l’emblème important que vous venez de nous retracer ; c’est le premier souhait que je vous adresse au nom de la fraternité qui nous unit ; nous allons tous, dès à présent, vous donner, dans nos cœurs, le titre si touchant de Frère… »
« Frère » est donc un titre qui est attribué de manière automatique à tout nouvel initié. On ne perd le titre de Frère que si l’on quitte ou que si l’on est radié de la franc-maçonnerie.
De même, tout nouveau reçu (ou nouvel initié) devient immanquablement franc-maçon. Au RER, on trouve la QR suivante :
« D. – Êtes-vous Franc-maçon Apprenti ? R. – Mes Frères et Compagnons me reconnaissent pour tel. »
« D. – A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ? R. – Par les signes, attouchements, mots et paroles de mon grade et par les circonstances particulières de ma réception. »
A suivre un article sur « La Fraternité »
