En effet, est désigné tout d’abord comme un frère celui qui est né des mêmes parents que la personne considérée, ou seulement du même père ou de la même mère.
« Frère » se dit aussi de tout homme en tant qu’il appartient à la grande famille humaine. On connaît l’expression : Tous les hommes sont frères. Frères, non pas parce qu’ils partagent la même origine biologique ou la même croyance, mais parce qu’ils participent d’une même humanité.
Nous retrouvons cette idée dans la devise française Liberté, Égalité, Fraternité qui est censée s’appliquer à tous les citoyens et qui a une finalité de cohésion sociale et de solidarité. La fraternité citoyenne est imposée par la Constitution. Marcel David, homme politique français des années 50, disait « la fraternité est le principe et la vertu sans laquelle la liberté devient chimère et l’égalité mensonge ».
« Frère » se dit donc de tous les hommes, en tant qu’appartenant tous au genre humain, comme unis par des sentiments de solidarité, de bienveillance, de fraternité : « Aider ses frères ; soulager les maux de ses frères. La raison m’est née. Le monde est bon. Je bénirai la vie. J’aimerai mes frères » écrivait Rimbaud en 1873. « Frère » qualifie également un homme animé de sentiments semblables envers un autre homme, considéré comme un ami intime, un ami de cœur ou un ami d’élection.
« Frère » se dit aussi d’hommes qui ont une communauté d’origine avec d’autres : on parle alors de Frère de couleur, Frère de race… ou bien liés par une communauté d’intérêts, d’idées (avec d’autres). A contratio, on emploie l’expression Faux frère, pour désigner celui qui trahit ou une société, ou quelqu’un de cette société.
Dans le vocabulaire des religions, « Frère » se dit plus particulièrement de tous les chrétiens, comme étant tous enfants de Dieu par le baptême. Dans l’Église primitive, Frères en Jésus-Christ était l’expression dont se servaient les membres de la communauté chrétienne pour se désigner eux-mêmes, afin de marquer leur unité de vie dans le Christ. « Tu es le père des êtres; en toi tous les êtres sont frères » écrira plus tard Renan en 1885.
Mes frères, mes bien chers frères, est une formule employée par l’officiant ou le prédicateur pour s’adresser aux fidèles en commençant une sermon.
« Frère » est le titre attribué à un moine (dans l’Église catholique romaine). « Frère », c’est également l’appellation donnée par leur fondateur aux membres de certains ordres, de certaines congrégations. Les Frères mineurs, les Franciscains et les Capucins. Les Frères prêcheurs, les Dominicains.
Dans l’Ordre de Malte, Frère servant, se dit de Celui qui entre dans l’ordre sans faire preuve de noblesse, et qui est d’un rang inférieur aux autres chevaliers. On l’appelle aussi Chevalier servant.
On connaît l’expression « frères d’armes », encore utilisée aujourd’hui, pour qualifier ceux qui combattent ou ont combattu côte à côte pour une même cause, en fait des camarades de guerre. « Frère d’armes », se disait autrefois des chevaliers qui avaient contracté une alliance d’armes, en se promettant une mutuelle assistance, et qui se donnaient réciproquement le nom de Frère.
Le mot « Frère » n’est donc pas exclusif de la franc-maçonnerie.
suite de l’article Le mot « Frère » dans la franc-maçonnerie
