Tout Maçon du Rite Écossais Rectifié se doit de savoir que le mot de passe et de reconnaissance des Apprentis, dans ce Rite, était, à l’origine, Tubalcaïn, conformément à la plupart des rites maçonniques en vigueur à l’époque. Dans un Rituel du grade d’Apprentif des Loges de Lyon de 1772, on peut y lire : « D : Quel est le mot de passe d’Apprenti ? R : Tubalcaïn. D : Que veut dire ce mot ? R : C’est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler dans l’écriture. »
Tubalcaïn est toujours mis à l’honneur dans les rituels du grade d’Apprenti de plusieurs rites : « D. Que veut dire Tubalcaïn ? R. C’est le nom du premier ouvrier en métaux. » (Rite Français Traditionnel) ou bien « R. C’est le nom de celui des fils de Lamech qui inventa l’art de travailler les métaux » (Rite Français Moderne) ou encore « C’est le nom du premier homme qui, d’après la légende biblique, ait forgé les Métaux » (Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm). Dans le Rite Écossais Ancien Accepté, Tubalcaïn n’apparaît qu’au 3ème grade, il est le « mot de passe » utilisé par le Compagnon candidat à la Maîtrise qui demande son entrée dans la Chambre des Maîtres.
Mais, en 1785, soit trois années après le célèbre Convent de Wilhelmsbad qui structura le « Régime Écossais Rectifié », Tubalcaïn, le mot de passe d’Apprenti initial, va être exclu du texte du rituel du 1er grade du Rite Écossais Rectifié pour y être remplacé par Phaleg. Phaleg devient donc le « nom caractéristique en loge comme Apprenti[1] ». Tous les Apprentis portent le même nom. Phaleg est encore donné comme le « mot des Apprentis qui leur sert de mot de reconnaissance ». Ce « mot d’Apprenti » leur permet également « d’obtenir l’entrée de la loge », précise le même rituel.
[1] Rituel du 1er grade du Rite Écossais Rectifié.
Les circonstances du changement du mot de passe d’Apprenti
C’est à Lyon, le 5 mai 1785, que J-B. Willermoz proposa lors d’une assemblée de la Régence Écossaise de Lyon, spécialement réunie à cet effet, de remplacer Tubalcaïn, adopté à Wilhelmsbad par Phaleg.
(…)
Les motivations de l’éradication de Tubalcaïn du Rite Écossais Rectifié données par Jean-Baptiste Willermoz
À Lyon donc, J-B. Willermoz fait évincer Tubalcaïn du Rite Écossais Rectifié. Il considéra Tubalcaïn, « le premier, qui a touché les métaux », comme un personnage avec qui « il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui[1] ». Pour J-B. Willermoz, Tubalcaïn n’a pas sa place en Maçonnerie, ou du moins dans la Maçonnerie qu’il propose. Examinons les motivations officielles fournies par J-B. Willermoz pour justifier cet important changement du mot de passe d’Apprenti Tubalcaïn en celui de Phaleg. Au travers d’un mémoire qu’il lut à ses Frères pendant cette assemblée, J-B. Willermoz exposa un argumentaire circonstancié et étayé justifiant « la nécessaire » suppression de Tubalcaïn du Rectifié.
[1] Extrait du protocole des délibérations du Directoire provincial d’Auvergne – 1785
Les explications avancées par J-B. Willermoz pour justifier de l’expulsion de Tubalcaïn du Rite Écossais Rectifié font référence généralement à « ce qu’en dit l’écriture ». Elles peuvent se résumer en trois thèmes principaux qui sont : le nécessaire dépouillement des métaux, les dangers de l’alchimie, et le rejet de la tradition caïnite :
Le nécessaire dépouillement des métaux
Les dangers de l’alchimie
Le rejet de la tradition caïnite
(…)
LIRE L’INTEGRALITÉ DE CETTE ÉTUDE (12 pages)
dans le livre de Jean-Claude Sitbon
» Voyages dans la symbolique maçonnique en loge bleue «
Recueil de textes de ses conférences édité en 2023
Pour toute demande de renseignements : contact@rite-ecossais-rectifie.com
