Saint Jean | Rite Ecossais Rectifié

Comment ne pas établir une corrélation, surtout au Rite Ecossais Rectifié, entre midi et minuit et les deux saint jean :
– midi et la saint jean d’été, le soleil est au plus haut, il produit un maximum de lumière mais le début de son déclin est annoncé,
– minuit et la saint jean d’hiver, le soleil est à son minimum de lumière mais c’est aussi le début de sa phase ascendante donc de sa renaissance.

De même que midi et minuit décomposent la journée, les solstices d’été et d’hiver le font pour l’année : celui de l’été, où la durée du jour commence à reculer face à la nuit, et celui de l’hiver, où, au contraire, c’est le jour qui commence à prendre le pas sur la nuit.

Les deux saint Jean et les deux solstices

L’axe des solstices a été christianisé avec les deux saint Jean, Jean le Baptiste et Jean l’Evangéliste, qui ont pris la place de Janus, le dieu au double visage des Romains. Dans de nombreuses œuvres d’art, les deux Jean entourent le Christ « Soleil de Justice ».

Dans la tradition chrétienne, le solstice d’été, lorsque la lumière est à son maximum, est dédié au Baptiste. Les Evangiles témoignent que Jean le Baptiste s’est effacé devant la venue du Christ : « Il faut qu’il croisse (Jésus né au solstice d’hiver, à minuit) et que je diminue (Jean le Baptiste né au solstice d’été) », en pleine conformité avec les deux phases ascendante et descendante du soleil.

A Rome, on fêtait, au solstice d’hiver, le « Soleil invaincu » (sol invictus) lorsque l’astre commençait à s’élever au-dessus de l’horizon et à allonger la durée des jours. Vers 330, les Chrétiens de Rome commencèrent à fêter la naissance de Jésus, le jour du sol invictus. Ainsi ils remplacèrent la fête païenne par une fête chrétienne. Le solstice d’hiver fut dédié à saint Jean l’Évangéliste.

A ces deux solstices, « points de virement » du soleil, correspond l’aspect temporel de la Révélation du Christ dont les deux extrémités sont marquées, au solstice d’été, par Jean le Baptiste, le Précurseur, annonçant la venue du Christ, et, au solstice d’hiver, Jean l’Evangéliste, évoquant le retour glorieux du Christ dans l’Apocalypse. La tradition chrétienne considère que Jean le Baptiste représente le point culminant et terminal de l’Ancienne Loi, qui voit poindre, selon les mots du Christ, son accomplissement.

Jean Tourniac, dans son livre Symbolisme maçonnique et tradition chrétienne, écrit : « Les deux saint Jean sont des points limites. Le Baptiste ferme l’ancienne Loi et annonce la Révélation chrétienne. L’Evangéliste ferme le Livre du Monde avec l’Apocalypse et annonce le second avènement ».

Les deux saint Jean du RER

Les Instructions du 1er grade du Rite Ecossais Rectifié font référence aux deux saint Jean et précisent :

« – Comment s’appelle la Loge ?
– La Loge de Saint Jean et toutes les Loges portent le même nom
– Pourquoi ?
– Pour rappeler à notre mémoire celui qui a été élu par le Grand Architecte de l’Univers pour venir annoncer la Grande Lumière et que tous les francs-maçons ont reconnu pour leur patron. »

Sans que son nom ne soit formellement prononcé, il s’agit bien ici de Jean le Baptiste qui annonça la venue du Christ.

A propos de Jean l’Evangéliste, le rituel du Rectifié mentionne :

« Pourquoi les Francs-Maçons célèbrent-ils aussi la Fête de Saint Jean l’Evangéliste ?
-Parce qu’il a réuni les ouvriers qui étaient dispersés. »

Les fêtes des deux saint Jean sont toujours célébrées aux environs immédiats des deux solstices d’hiver et d’été qui divisent le cycle annuel en deux moitiés : l’une ascendante, du solstice d’hiver à celui d’été, l’autre descendante, du solstice d’été à celui d’hiver. Ces deux fêtes inscrivent ainsi l’action des Maçons dans un cycle de création toujours renouvelé : à la Saint Jean d’hiver, ils participent à la naissance du soleil intérieur ; à la Saint Jean d’été, à l’apogée de la lumière spirituelle.

Extrait de la Conférence donnée par Jean-Claude Sitbon,

à Marseille le 21 décembre 2015

sur le thème : « Le rapport entre les heures symboliques de midi et de minuit et les deux saint Jean »

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JCS

Avec une pratique de plus de vingt années du Rite Écossais Rectifié, J.C. Sitbon a été Vénérable Maître de sa loge de 2003 à 2006 et rédacteur en chef, jusqu’en 2008, de L’Etroit Lien, journal destiné à une dizaine de loges provençales travaillant au Rite Écossais Rectifié.

En 2009, il fonde et depuis anime le Cercle d’Etudes et de Recherches sur le Rite Écossais Rectifié  (CERRER), situé à Marseille, dont les travaux visent à approfondir l’histoire des origines, de la structuration et de l’évolution de ce rite maçonnique. LE CERRER accorde également une place importante à l’étude de la symbolique et aux spécificités du Rectifié, tout en privilégiant une approche universelle.