Loge et cosmos | Rite Ecossais Rectifié

Plusieurs symboles présents dans la Loge maçonnique confèrent à celle-ci ce que l’on pourrait appeler une ambiance cosmique.

On peut qualifier ces symboles de cosmologiques ou de cosmiques car ils font référence au cosmos. Dans une de ses définitions, le mot cosmos désigne l’univers dans sa totalité, que d’aucuns appellent aussi l’espace intersidéral composé d’une multitude de systèmes particuliers : galaxies, systèmes solaires, étoiles et planètes…

Les dimensions « cosmiques » de la Loge

Citons tout d’abord les deux astres que sont le soleil et la lune dont les figures sont toujours présentes sur le mur oriental ou (et) sur le tapis de loge. Notons également que le plafond des Loges est souvent parsemé d’étoiles, symbolisant ainsi la voûte des cieux. Cette voûte étoilée n’est pas représentée dans les loges du Rectifié, cependant le dais ou baldaquin sous lequel se trouve le fauteuil du Vénérable Maître, à l’Orient, peut être vu comme une représentation du ciel, d’autant que le rituel précise que ce dais doit être de forme circulaire (ou semi-circulaire) et que sa partie intérieure recouverte en couleur bleue avec galons et franges d’or.

On peut dire également de la Loge qu’elle possède une structure cosmique par ses dimensions symboliques que la plupart des rituels présentent de la manière suivante : sa longueur est « de l’orient à l’occident », sa largeur « du nord (ou septentrion) au midi », sa profondeur « de la surface de la terre jusqu’à son centre » et, sa hauteur « de la terre au ciel ». Ces dimensions infinies font dire à René Guénon que la Loge est « une figure du cosmos ». En fait, cet ensemble de symboles permettent en quelque sorte de résumer et de rassembler l’univers dans la loge.

En qualifiant ces dimensions de cosmiques, nous retenons aussi le sens figuré de ce mot qui signifie « universel, hors des normes terrestres » (Victor Hugo par exemple, célèbre « l’amour cosmique »). En indiquant que la hauteur de la loge correspond à « des coudées sans nombre », le rituel du Rectifié nous plonge dans l’univers, comme si la loge se transformait en un vaisseau cosmique.

La Loge, entre ciel et terre

Nous pouvons aussi trouver une référence cosmique dans les symboles maçonniques bien connus de l’équerre et du compas. En effet, l’équerre sert à tracer le carré, symbole de la terre ; le compas, quant à lui, sert à tracer et à mesurer le cercle, symbole du ciel.

Lorsqu’on dit que le Maçon se trouve placé entre l’équerre et le compas, on peut comprendre que celui-ci travaille symboliquement entre ciel et terre, cherchant ainsi à unir le haut et le bas. Nous retrouvons cet axe ciel – terre dans les dimensions de la loge : la hauteur de la loge fait référence au ciel (monde divin), sa longueur et sa largeur à la Terre (la surface plane), sa profondeur au monde inférieur (monde des morts). Nous avons là l’image de l’Axis mundi (axe du monde) où communiquent les trois niveaux cosmiques que l’on retrouve dans de nombreuses mythologies.

Si les symboles cosmologiques sont, comme nous venons de le voir jusqu’ici, relatifs à la notion d’espace, ils le sont également par rapport au temps : le cercle par exemple renvoie, à la nature du temps et des cycles cosmiques. Les heures de midi (le soleil à son zénith) et de minuit (la lune en son plein) qui, respectivement, ouvrent et ferment les travaux de la loge, sont des heures cosmiques qui donnent au « temps maçonnique » des particularités que nous étudierons dans un prochain article.

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A propos de l'auteur Voir tous les posts

JCS

Avec une pratique de plus de vingt années du Rite Écossais Rectifié, J.C. Sitbon a été Vénérable Maître de sa loge de 2003 à 2006 et rédacteur en chef, jusqu’en 2008, de L’Etroit Lien, journal destiné à une dizaine de loges provençales travaillant au Rite Écossais Rectifié.

En 2009, il fonde et depuis anime le Cercle d’Etudes et de Recherches sur le Rite Écossais Rectifié  (CERRER), situé à Marseille, dont les travaux visent à approfondir l’histoire des origines, de la structuration et de l’évolution de ce rite maçonnique. LE CERRER accorde également une place importante à l’étude de la symbolique et aux spécificités du Rectifié, tout en privilégiant une approche universelle.